INVENTAIRE

 

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UN BEAU CHALLENGE :


LE MUSÉE D'ART SACRÉ

SUR LA TRIBUNE DE L'ÉGLISE SAINT ANDRÉ


(Annette Pezin, Marc Brulé, Gérard Saccoccini)









 Le projet d’établir un petit musée sur la tribune de l’Église Saint-André de TOURRETTES  répond à plusieurs objectifs:

- permettre aux visiteurs de découvrir l’intérieur de l’Église qui actuellement n’est pas ouverte au public de façon permanente: la porte d’accès à la tribune sera ouverte en journée, et on pourra découvrir la nef de l’église et ses peintures, ce qui étoffera encore l’itinéraire du musée à ciel ouvert.

- permettre la mise en lumière d’éléments du patrimoine de notre village: les deux petits pénitents, classés MH n’étaient jusqu’ici pas visibles.

- mettre l’accent sur l’histoire de TOURRETTES et en particulier sur les Pénitents, confréries qui a travers les siècles ont joué un rôle très important dans les villages de Provence, et qui à Tourrettes ont continué leur action jusqu’au milieu du XIXème siècle.

LES PÉNITENTS

Les confréries de pénitents sont des associations sans but lucratif qui rassemblent des chrétiens catholiques laïcs, femmes et hommes, dans la discrétion d’actes de charité.

Ce mouvement nait au XIIème siècle, et connait un essor particulier au moment de la contre-réforme.

L’anonymat essentiel à l’esprit de charité est garanti par la cagoule surmontant la robe, froc ou sac, ceinturés par une corde. les couleurs variées sont liées à des confréries particulières ( Saint Esprit, Saint Sépulcre).

Les pénitents de Tourrettes étaient blancs, c’était la couleur de la 1ère confrérie à s’installer en un lieu.

Ils prônaient la charité mutuelle, l’amour du prochain et le refus de la violence.

L’importance de leur rôle au sein de la communauté : aide aux malades, aux indigents, toilette des morts, croît en fonction des grandes épidémies meurtrières comme la peste noire ou des guerres qui ont traversé la Provence.

Comme en témoignent deux ex-voto visibles dans l’église de Callian, les pénitents de Tourrettes existaient encore au XIX ème siècle et formaient des processions jusqu’à Callian pour implorer Sainte Maxime d’apporter la pluie.

Ils nous ont laissé en témoignage, outre les deux statues, leur lanterne de procession et la Pietà, croix de procession, qui seront également exposées dans le futur musée.


 

JOURNEES EUROPEENNES

DU PATRIMOINE  2016

LA RANDONNEE DU SENTIER DE L’EAU

(photos du Vieux-Moulin de Tourrettes proposées par Marc Brulé)

 

Le Moulin brûlé

 

 

Il semble que dès l’origine, le Moulin Brûlé de Tourrettes ait été un moulin à huile  traditionnel auquel de multiples fonctions furent ajoutées, telles que le rouissage, le dégorgeage des grumes, le « foulage » et, à proximité, les activités de paroirs.

 

Broyage et pressage –Après lavage à l’eau froide, la fabrication de l’huile d’olive commençait par le broyage (trituration) des olives et noyaux dans un bassin de pierre circulaire dans lequel tournait une meule de pierre sur un axe central actionné par une roue à aubes mue par l’énergie hydraulique.

La pâte homogène obtenue était « bourrée » dans des scourtins, ou escourtins, (paniers ronds en fibre d’alpha - auffo -) percés en leur centre pour le passage de l’axe du pressoir. Montés en pile, les scourtins étaient pressés pour extraire les parties fluides, huile et eau, qui étaient séparées dans des bassins de décantation ; l’huile plus légère remontait à la surface.

 

Rouissage – Le verbe rouir viendrait du francique rotjan (pourrir). Il s’agit de la macération des plantes textiles (lin, chanvre), dans un bassin appelé rouissoir, pour séparer de la tige l'écorce filamenteuse. Ce bassin est encore visible dans le moulin.

Le chanvre mâle, récolté de juillet à août, rouissait plus vite que le chanvre femelle mûri de septembre à octobre. Le sommet des tiges rouissait plus lentement que les parties inférieures. Le temps imparti pour rouir le chanvre était de 6 à 8 jours en août et de 10 à 12 jours en octobre. L’opération était achevée lorsque les fibres se séparaient facilement et il était important d’arrêter le rouissage pour préserver leur capacité de résistance. On les sortait du bassin et on les étendait sur les prés pendant quelques jours.

 

Dégorgeage des grumes– Dans les moulins proches des forêts se trouvaient de longs bassins étroits, bâtis ou creusés, dans lesquels trempaient les troncs destinés aux charpentes et constructions. Il n’y a pas ce type de bassin près du Moulin brûlé mais il est vraisemblable qu’une dérivation en amont du cours d’eau ait alimenté des « mares aux poutres » creusées pour le même usage.

 

Foulons – Au-dessus du bassin, des marteaux de bois alignés était mis en mouvement par un arbre à came et pouvait servir à de multiples usages : le foulage mécanique du linge pour remplacer le battoir de la bugadière (les premières blanchisseries industrielles !), le tannage des peaux, le foulage du feutre et de la laine tissée dans de l’argile smectique pour assouplir et dégraisser la matière traitée.

Les moulins à foulon se sont développés proches des élevages de moutons lainiers, sur les cours d’eau au profit de petits seigneurs qui en détenaient les droits issus des banalités et les confièrent à bail à des fermiers (affermage). L’activité des foulons (ouvriers foulonniers) comme le lavage de la laine, le foulage du feutre ou le tannage des peaux fournies par les mégisseries, impliquait une importante manutention et de grandes quantités d’eau, et fut très vite règlementée, voire contrôlée par les fermiers généraux, sous le règne d’Henri IV.

 

Paroirs – En amont du moulin, après la prise d’eau alimentant la roue à aubes, de petites mares en terrasses, larges et peu profondes, étaient bordées de bourrelets de glaise qui se renforçaient par les dépôts de calcite et de carbonates en suspension dans l’eau de la rivière. Dans les bassins ainsi obtenus s’activaient les paraïre, ouvriers grattant la face interne des peaux destinées au corroyage, avec une lame de métal en demi-lune. Les peaux étaient mises à sécher sur des chevalets de bois, appelés paroirs. L’activité donnait souvent son nom au quartier (le lieu dit des parayres) et le mot fut aussi employé comme patronyme. En pays d’oc, depuis la Ligurie jusqu’en Catalogne, les moulins à foulons étaient utilisés pour faire dégorger les laines teintes et les ouvriers qui paraient les écheveaux avant séchage étaient appelés paraïre. 

 

 

 

 

 

 

La légende des étangs de Tourrettes, ou la malédiction de Pentecôte.

Etangs de Faous Laous

 

 

 

Un proverbe provençal dit : Que celui qui travaille le jour de Pentecôte, toute l’année il lui en coûtera.

Des paysans de Tourrettes avaient travaillé ce « jour maudit », il leur en a coûté leur vie.

Des familles de paysans moissonnaient dans le quartier Chautard, dits « des étangs », le jour de Sainte-Anne. La malédiction s’est abattue sur eux : deux étangs se sont formés et tout le monde a été enseveli, femmes, enfants, animaux de bâts et travailleurs.

La légende dit :

Si vous allez vous promener dans ce quartier, le jour de la Sainte-Anne, le 26 juillet, en passant près des étangs vous entendrez siffler le bruit du fouet des moissonneurs qui encouragent leurs chevaux à tourner à tourner autour du poteau central.

Et si vous tendez bien l’oreille, vous pourriez entendre aussi jurer les charretiers, bavarder les femmes, rire les enfants et pleurer les bébés !

 

 

 

 

 

 

Le lavoir du Boudoura

 

De tous temps, les lavoirs furent des lieux « de paroles » et d’échange.

Le terme boudou, en provençal, veut dire gros, gonflé. Il s’applique à la désignation du ruisseau au cours vigoureux, gonflé, ou tout simplement jamais à sec.

Le lavoir rappelle les us du Moyen âge et tout ce qui entrait dans les obligations (le ban) des co-seigneurs qui étaient tenus d’édifier des ponts, des puits, des fours, des fontaines etc…pour la protection et le bien-être des populations.

Cela donnait lieu, en retour, à la perception de taxes dites banales (issues des banalités) et, par exemple, la taxe perçue sur l’utilisation du four banal était ….. la « taxe de cuissage » !

Après la Révolution et l’abolition des privilèges, puits, fours, lavoirs devinrent communaux.

Le lavoir, appartenant à une époque révolue mais encore proche, était un lieu de vie où les commentaires (parfois peu charitables) et les ragots allaient bon train, et où l’on réussissait le miracle de colporter la nouvelle presque avant que l’évènement se soit produit !

Il est flanqué d’une fontaine qui donne son nom à la rue montant vers le saillant sur lequel le village est bâti.